De la jouissance d'être laxophobe

Discussions relatives aux processus psychologiques liés à la maladie.
Comment sortir d'une attaque de panique ? Comment se préparer à une épreuve ? Quelle attitude adopter ?

Modérateur: Modo_Team

De la jouissance d'être laxophobe

Message par Jeff » Lun 17 Sep 2007, 15:43

Après ce petit titre accrocheur pour attirer votre attention, le coeur du sujet. Comme certains l'ont déjà fait remarquer sur ce forum, il existe très certainement un lien entre agoraphobie et laxophobie, cette dernière étant peut-être même une sous-espèce de la première.

Voici un texte récupéré sur un site dédié à l'agoraphobie :

Le bénéfice secondaire

La notion de "bénéfice secondaire" peut être prise comme de la mauvaise volonté de la part du patient pour se soigner, ou de la complaisance par rapport à la maladie.

En réalité, qu'est-ce que le "bénéfice secondaire" ? C'est le maintien d'un trouble car il présente des aspects positifs pour le malade.

Le terme de "bénéfice" choque les malades. Pour donner à la définition ci-dessus un terme qui gêne moins les agoraphobes, il a été nécessaire d'élargir la discussion sur différents points de l'agoraphobie ; nous substituons au terme "bénéfice secondaire" les notions de "palliatif primaire" et "compensation secondaire".

LA CAUSE de l'agoraphobie
Les facteurs prédisposant à l'agoraphobie sont génétiques, biologiques, psychologiques. Parmi les causes psychologiques, on retrouve souvent un traumatisme subi (ex. inceste). La cause de l'agoraphobie est plus difficile à identifier lorsque celle-ci est ancienne.

Premier exemple : Un désir inconscient, refoulé, entraîne une crise de panique pour que le sujet ne se confronte pas à cette situation. C'est le conflit interne qui s'établit entre "désir" et "éthique morale, croyances" qui donne lieu à un symptôme.

Deuxième exemple : Un mésapprentissage de la communication , voire un non-apprentissage de la communication, peut entraîner de l'agoraphobie.

C'est notamment le cas de l'incapacité à dire le refus, obligeant la personne à s'exposer à des situations qui le contraignent et l'angoissent. L'attaque de panique vient comme un moyen archaïque d'échapper à la contrainte.

En psychanalyse, le travail consiste à rechercher la cause = le conflit entre pulsion et interdits. En thérapie comportementale et cognitive, le travail porte sur le symptôme lui-même.

La recherche de la cause n'intervient qu'en fin de thérapie dans la mesure où le patient, après un important travail sur l'agoraphobie (dans des troubles anciens et complexes), ne se sent pas entièrement libéré = résistance au traitement. C'est à partir de l'historique du patient et de ses croyances présentes qu'il est possible de repérer quelles étaient les tensions et les pulsions qui ont été ensuite masquées par l'attaque de panique et les évitements des agoraphobes.

Le symptôme sera considéré comme le "PALLIATIF PRIMAIRE"
Il a des effets internes : Il procure une réduction de tension et évite au sujet des conflits plus pénibles encore.

Il a des effets externes : Il apporte des modifications dans les relations interpersonnelles du sujet (ex. : il peut entraîner un comportement d'attention et de tendresse de la part du conjoint = ce qui était visé inconsciemment).

La "COMPENSATION SECONDAIRE"
Survient secondairement dans le temps et est extrinsèque au symptôme. (ce sont les avantages que procure le symptôme mais NON son destin).
Peut entraîner le fait que le patient trouve davantage de satisfaction au maintien du symptôme qu'à sa disparitio (ex. ne plus faire ses courses, laisser les autres les faire).
Constitue un frein à la thérapie, une résistance à la guérison.
Il convient donc d'évaluer ces compensations secondaires (sans les évacuer) en les transposant, en les positionnant différemment, c'est-à-dire : trouver le moyen d'obtenir ce dont on a besoin, autrement que par une attaque de panique et/ou un évitement.


Je pense qu'il s'agit d'une importante piste de réflexion à investiguer pour qui souhaite se débarrasser de sa phobie.

Je n'ai pas encore réfléchi à la question en profondeur en ce qui concerne mon cas personnel, mais j'ai déjà remarqué une chose : j'apprécie énormément les moments de détente après une crise, si bien qu'il peut même m'arriver de me retrouver frustré si l'événement à l'origine du stress ne se produit finalement pas (une sortie...). C'est peut-être dû à une addiction aux hormones du stress libérée à ce moment là, celles-là même qui donnent l'ordre au côlon de se mettre en mouvement pour notre grand malheur.
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Message par audrey » Lun 17 Sep 2007, 16:45

tu connais cette chanson de depeche mode???
le refrain dit très justement:
just give me a pain that I am used to!

Moi aussi je me retrouve la dedans, je ne suis pas si maso que ça pourtant, mais en bonne phobique je suppose que la peur fait partie des meubles et quand les meubles ne sont plus à leur place, ça fait encore plus peur, une peur inhabituelle et dérangeante !

le besoin d"être dans une souffrance familière, je le ressens, c'est un peu une perte de repère de ne plus avoir cette douleur qui nous lacère l'esprit et le reste, peut être que c'est assez destabilisant.

J'ai remarqué que nous sommes plusieurs à nous sentir mal même quand notre ventre va bien, on est comme dans l'expectative d'une catastrophe et quand cette catastrophe se produit il s'en suit une sorte de soulagement.
Je sais aussi que ce ressentent certains obèses, même une fois qu'ils ont maigri ils ont toujours ce mal être en eux, ce n'est plus les kilos, c'est autre chose, ils se voient toujours obèses, ils se vivent toujours obèses comme s'ils ne pouvaient pas se débarasser de cette image et de cette souffrance.
donc comme tu le dis Jeff, on est peut être accro biologiquement aux substances qu'on secrète quand on a peur, mais on est peut être aussi accro mentalement à la peur.
La peur devient une habitude de vie, et comme la clope, on devient dependant physiquement à la nicotine et aussi pyschologiquement, d'un point de vue comportemental et affectif aussi.
Il y a la dedans une part de jouissance, c'est assez paradoxal mais c'est ainsi.
C'est la grande question des benefices secondaires... qui reconcilie à la fois les psychanalystes et les comportementalistes.
Ce qui est interessant, c'est que moi c'est une question que j'ai abordé par les deux disciplines, et à chaque fois j'ai appris des trucs assez dingues sur moi, des trucs sur mes phobies, sur les fonctions qu'elles ont dans ma vie, et je commence à comprendre comment les remplacer par autre chose, sans deplacer le symptome;
Je vous en dirais peut être un peu plus..... mais c'est tellement complexe, parfois je comprends pas tout ce qui se passe.
En tous cas Jeff merci pour d'avoir crée cette rubrique, parcque ça vaut vraiment la peine d'y reflechir.

On a rien à y perdre... si ce n'est nos symptômes ! ;)
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Message par loulou » Lun 17 Sep 2007, 20:27

aaaah les bénéfices secondaires !!
c'est en gros le sujet de mon mémoire mais par rapport a la toxicomanie.
Merci pour l'article :bravo: :pouce:
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Message par lucianna08 » Mar 25 Sep 2007, 10:25

Tres juste surtout!
On est tellement habitué a ce qu'une situation degenere en crise d'angoisse que quand ca n'arrive pas et bien on est perturbés!
c'est totalement vrai,on s'habitue a etre dans un etat de stress permanent,on ne connait que ca!
Jeff moi aussi je connais cette état de "plenitude"apres l'attaque de panique:On a été tellement mal que lorsqu'on revient a l'etat normal on a l'impression de planer :mmm: :mmm:
Et bien la je crois que l on est pas sorti de l auberge!!!
Mon Dieu donne-moi la sérénité,
d’accepter toutes les choses que je ne peux changer.
Donne-moi le courage de changer les choses que je peux,
Et la sagesse d’en connaître la différence.
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Message par audrey » Mar 25 Sep 2007, 16:40

t'as trouvé miss, c'est ça on n'est pas sorti l'auberge
on est dans un lieu sympa chaleureux, on veut pas sortir dehors....

Comment retourner la situation?
mon thérapeute m'a dit que je ne suis pas plus en danger dehors qu'à la maison...je n'ai pas à me sentir soulagée quand je rentre chez moi, puisque je n'ai couru aucun danger dehors....

Bon pour en revenir aux bénéfices secondaires, j'ai identifié chez moi différentes choses lors de mes années de thérapie, peut être qu'il y a la de dans des points communs avec vous:

d'abord, pour moi la laxophobie, les souffrances que cela engendre, c'est une façon de pratiquer l'automutilation mais sous la forme d'une torture mentale.
Qu'est ce qui pourrait me faire plus de mal que moi même????
Phil a dit ça dans un de ses messages et c'est exactement ce que je ressens aussi, j'ai l'impression qu'il y a quelque chose en moi qui fixe les régles de la pathologie, une force obscure en moi même qui controle plus ou moins les symptomes, qui m'autorise à m'en affranchir de temps à autre et qui m'ordonne de m'y soumettre.

J'ai personellement une tendance à l'auto persecution et à l'automutilation, il y a des choses dans mon immaginaire et dans mon histoire qui font que la punition et la douleur engendrent une sorte de soulagement, car la punition et la douleur signent la fin du questionnement, elles signent la fin de l'attente du chatiment.
Et certainement le chatiment en lui même est moins terrible que ce que j'attends qu'il soit.

Il y a autre chose de plus classique, la laxophobie m'a obligé à rester chez moi, à l'abris du monde et de son hostilité, à l'abris des echecs, à l'abris des tentations.
J'avais peur je crois du dehors, peur d'y trouver mon bourreau.
Peut être que j'ai pu sortir quand j'ai su que si je le rencontrais je pourrais lui resister.
Mon bourreau est en moi, mon bourreau est dans le désir que j'inspire à l'autre de me détruire.
bon j'arrête là....
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Message par loulou » Mar 25 Sep 2007, 17:17

impressionnante ton analyse audrey :ouch:
tu pourrais carrément etre psy toi dis donc :bravo:
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Message par audrey » Mar 25 Sep 2007, 17:29

oué mais tu vois loulou les limittes de l'auto analyse, les limittes du discours sur sa propre symptomatologie.
l'auto analyse est un piège, c'est une vision intellectualisée des symptômes, j'ai compris des trucs profonds de cette phobie, et malgrès tout, malgrès mes efforts pour trouver du sens, je suis encore dominée par elle. :furious:

l'analyse parfois est un mecanisme de défense, insidieux, machiavelique....On croit comprendre mais on fait fausse route.

j'adhère à tout ce que je dis de ma phobie, mais pourtant je n'en dis certainement pas tout, ou juste ce que je m'autorise à penser.
:mmm:
Il faut vivre les choses dans son corps aussi, dans son coeur et dans son âme; C'est ce qeu j'essaye de faire en ce moment, et bien sur je continue de parler, d'associer car ce n'est pas totalement inutile.
Mais en psycho, parfois il faut se poser la question de l'aveux, mais je crois que tu te la poses deja.. :jap:

Et la psychanalyse donne beaucoup de place à la pensée, peu à l'âme.
C'est une des lacunes de cette technique
AMHA comme dirait Jeff!! ;)

Non, je pourrais pas être psy, franchement pas!! mais mille merci pour le compliment! :hug:
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Message par Jeff » Mar 25 Sep 2007, 18:01

audrey a écrit :Il faut vivre les choses dans son corps aussi, dans son coeur et dans son âme; C'est ce qeu j'essaye de faire en ce moment
[...]
Et la psychanalyse donne beaucoup de place à la pensée, peu à l'âme.
C'est une des lacunes de cette technique


Très juste.
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Message par loulou » Mar 25 Sep 2007, 18:12

oui forcément quand c'est nous qui parlons de nos propres symptomes, on intellectualise vachement notre analyse. C'est une forme de défense encore...pour cacher quelque chose de plus profond surement. Je crois que meme les plus intelligents des psy ne pourraient pas faire une autoanalyse objective de leur existence. Mais en tous cas, c'est trés beau ce que tu dis, moi ça me parle beaucoup...surement parce que je me reconnais dans ce que tu dis... :hug:
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Message par Marion » Mer 26 Sep 2007, 12:24

ca veut dire quoi agoraphobie? j'ai pas beaucoup de vocabulaire :euhh:
Il y a des jours ou rien ne va,
Ou le monde est impossible à affronter,
On reste alors enfermer chez soi,
En attendant avec impatience demain,
Et quand demain est là,
On remarque alors que rien n'a changé...
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Message par audrey » Mer 26 Sep 2007, 20:47

coucou marion,

l'agoraphobie est souvent liée la laxophobie.
l'agoraphobie c'est la peur de se retrouver dans une situation ou on va être bloqué, d'ou on ne pourra pas s'echapper;
Par exemple faire la queue dans un grand magasin, etre coincé dans les embouteillages, tu dois supporter la situation et tu n'as pas vraiment de porte de sortie.
Du coup ça peut devenir très dur à supporter, tellement dur qu'on peut avoir une attaque de panique. C'est très fréquent chez les agoraphobes.
Ils ont très peur, ils ont l'impression que le monde va s'ecrouler, qu'ils vont mourir, dans ces moments la on se sent très mal, on a le coeur qui bat très fort, on transpire, on a du mal à respirer, on a la gorge nouée, mal au ventre, mal au coeur, des fois on peut avoir des vertiges, l'impression qu'on va tomber dans les pommes;
C'est pour ça que les agoraphobes ont peur de sortir de chez eux, peur d'aller dans des endroits ou il y a du monde, ils ont peur d'avoir des attaques de panique.
Pour avoir moins peur ils demandent souvent à une personne qui les rassure de les accompagner dans leurs sorties, et parfois ça les aide, ils se sentent moins en danger quand ils sont hors de chez eux.
n'hesite pas si tu as des questions..
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Message par audrey » Mer 26 Sep 2007, 20:50

loulou a écrit :oui forcément quand c'est nous qui parlons de nos propres symptomes, on intellectualise vachement notre analyse. C'est une forme de défense encore...pour cacher quelque chose de plus profond surement. Je crois que meme les plus intelligents des psy ne pourraient pas faire une autoanalyse objective de leur existence. Mais en tous cas, c'est trés beau ce que tu dis, moi ça me parle beaucoup...surement parce que je me reconnais dans ce que tu dis... :hug:


:hug: :hug:
et pourtant je reste persuadée qu'il vaut mieux parler au rique d'intellectualiser que de garder tout pour soi.
parce que comme tu le dis si bien, la sensation de partage a un effet therapeutique;
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Message par loulou » Mer 26 Sep 2007, 20:57

oooh oui, il vaut mieux parler en intellectualisant que de tout ruminer dans sa tete ! c'est comme la colère, il faut la faire sortir et pas la garder en nous. :boxe:
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Angel

Message par Angel » Ven 09 Nov 2007, 11:20

Pour relancer un peu le sujet, même si parfois j'en ai marre d'aller toutes les heures aux toilettes, j'ai peur de revenir à la normal.
Parceque avec cette peur d'avoir envie de faire caca, je contrôle ses envies en y allant toutes les heures, enfin j'ai l'impression de contrôler.
Alors que si je reviens à la normal, pendant 2 jours je vais attendre que l'envie vienne, ça va me stresser.Et puis si j'ai envi en plein milieu d'un cours comment je fais???
Ca m'inquiète de poser cette question mais, le fait de retrouver une régulation du tube digestif, on ne retrouve pas aussi les gaz quand on a envi de chier??
En fait je crois que ce qui me fait le plus peur, c'est d'avoir envi de faire caca et du coup de ne pas réussir à me retenir de péter!!!!
Ne jamais abandonner, toujours se battre pour un jour profiter.
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Message par loulou » Ven 09 Nov 2007, 11:30

je ne peux pas te répondre mais c'est vrai que le "retour a la normale" est pour moi inconcevable encore. Il FAUT que je sois allée aux toilettes avant de sortir ! c'est une obligation ou alors mon trajet ne doit pas excéder 30 min sinon c'est la panique totale
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